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Il ne s’agirait plus de lire ce que le gouvernement prévoyait faire dire à son ancien directeur national de santé publique.
Il deviendrait possible de comparer cette stratégie documentaire avec ce qui a réellement été dit sous serment devant le tribunal.
CINQ ANS PLUS TARD, LE DÉBAT NE SE RÉSUME PAS À « POUR OU CONTRE LE COUVRE-FEU »
Avec le recul, il serait facile de transformer cette histoire en affrontement simpliste entre ceux qui soutenaient les mesures sanitaires et ceux qui les rejetaient.
Les documents judiciaires racontent quelque chose de beaucoup plus complexe.
Le gouvernement devait agir dans une situation d’urgence, avec des connaissances scientifiques évolutives, une pression hospitalière importante et sans pouvoir attendre des années de recherche avant chaque décision.
Mais l’urgence ne faisait pas disparaître les chartes.
Et c’est précisément lorsqu’un État invoque une situation exceptionnelle pour restreindre fortement les libertés que la question de la preuve, de la nécessité et de la proportionnalité devient incontournable.
Le CV d’Horacio Arruda montre qu’il possédait une longue expérience en santé publique et en épidémiologie.
Cela ne tranche toutefois pas le débat.
L’expertise d’un décideur et la preuve permettant de justifier une décision sont deux choses différentes.
La question qui reste au cœur de cette affaire est donc beaucoup plus précise :
Que savait réellement la Santé publique lorsqu’elle a soutenu le couvre-feu, quelle était la solidité des données disponibles, quelles incertitudes demeuraient — et cette preuve était-elle suffisante pour justifier que l’État interdise pendant des mois à des millions de personnes de sortir de chez elles durant la nuit?
C’est cette question que les documents judiciaires permettent aujourd’hui de rouvrir.
Et notre examen du dossier ARRUDA n’est pas terminé.